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À partir de la légende dorée de saint Pierre



Dernière mise à jour
le 18/11/2019

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Saint Pierre
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A partir de la légende dorée
Pierre eut trois noms :
  • Simon Barjona : Simon veut dire obéissant, ou se livrant à la tristesse ; Barjona, fils de colombe. En syrien bar veut dire fils, et en hébreu Jona signifie colombe. En effet, il fut obéissant; quand Jésus Christ l’appela : il obéit, au premier mot d’ordre du Seigneur. Il se livra à la tristesse quand il renia Jésus Christ « Il sortit dehors et pleura amèrement. ». Il fut fils de colombe parce qu’il servit Dieu avec simplicité d’intention.
  • Céphas qui signifie chef ou pierre, ou blâmant de bouche :
    • chef car il eut 1a primauté dans la prélature
    • pierre, à cause de la fermeté dont il fit preuve dans sa passion
    • blâmant de bouche, &a grave; cause de la constance de sa prédication.
  • Pierre qui veut dire connaissant, déchaussant, déliant :
    • parce qu’il connut la divinité de Jésus Christ quand il dit: « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant »
    • il se dépouilla de toute affection pour les siens, comme de toute oeuvre morte et terrestre, lorsqu’il dit: « Voilà que nous avons tout quitté pour vous suivre »
    • il nous délia des chaînes du péché par les clefs qu’il reçut du Seigneur.
Il eut aussi trois surnoms :
  • Simon Johanna, qui veut dire beauté du Seigneur
  • Simon, fils de Jean, qui veut dire à qui il a été donné
  • Simon Barjouay qui veut dire fils de colombe
Par ces différents surnoms on doit: entendre qu’il posséda la beauté de moeurs, les dons des vertus, l’abondance des larmes, car la colombe gémit au lieu de chanter. Quant au nom de Pierre:
  • ce fut Jésus Christ qui permit qu’on le lui donnât puisqu’il dit (Jean, I) : « Vous vous appellerez Céphas, qui veut dire Pierre. »
  • Ce fut encore Jésus Christ qui le lui donna après le lui avoir promis, selon qu’il est dit dans saint Marc (III) : « Et il donna. à Simon le nom de Pierre. »
  • Ce fut Jésus Christ qui le lui confirma, puisqu’il dit dans saint Mathieu (XVI) « Et moi je vous dis que vous êtes Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église.»

Son martyre fut écrit par saint Marcel, par saint Lin, pape, par Hégésippe et par le pape Léon.

Saint Pierre, fut celui de tous les apôtres qui eut la plus grande ferveur : car il voulut connaître celui qui trahissait le Seigneur, en sorte que s’il l’eût connu, dit saint Augustin, il l’eût déchiré avec les dents. C’est pour cela que le Seigneur ne voulait pas révéler le nom de ce traître.

Saint Chrysostome dit aussi que si Jésus Christ avait prononcé son nom, Pierre aussitôt se serait levé et l’aurait massacré sur l’heure.

11 marcha sur la mer pour aller au-devant du Seigneur. Il fut choisi pour être le témoin de la Transfiguration de son maître et pour assister à la résurrection de la fille de Jaïre. Il trouva, dans la bouche du poisson, la pièce d’argent de quatre dragmes pour le tribut. Il reçut du Seigneur les clefs du royaume des cieux. Il eut la mission de faire paître les brebis. Au jour de la Pentecôte, par sa prédication, il convertit trois mille hommes. Il prédit la mort d’Ananie et de Saphire. Il guérit Enée de sa paralysie. Il baptisa Corneille. Il ressuscita Tabithe. Il rendit la santé aux infirmes par l’ombre de son corps. Mis en prison par Hérode, il fut délivré par un ange.

Dans le livre de Saint Clément, il est rapporté les paroles de Pierre concernant sa nourriture et son vêtement :« Je ne me nourris que de pain avec des olives et rarement avec des légumes ; quant à mon vêtement, vous le voyez, c’est une tunique et un manteau, et avec cela je ne demande rien autre chose. »

On rapporte aussi qu’il portait toujours dans son sein un suaire pour essuyer les larmes qu’il versait fréquemment ; car quand la douce allocution du Seigneur et la présence de Dieu lui venaient à la mémoire, il ne pouvait retenir ses pleurs, tant était grande la tendresse de son amour. Mais quand il se rappelait la faute qu’il commit en reniant Jésus Christ, il répandait des torrents de larmes .I l en contracta tellement l’habitude de pleurer, que sa figure paraissait toute brûlée, selon I’expression de saint Clément. Le même saint rapporte qu’en entendant le chant du coq, Saint Pierre avait coutume de se lever pour faire oraison et de pleurer abondamment.

Saint Clément dit encore, comme on le trouve dans l’Histoire ecclésiastique, que lorsqu’on menait au martyre la femme de Saint Pierre, celui-ci tressaillit d’une extraordinaire joie, et l’appelant par son propre nom, il lui cria : « O ma femme, souvenez-vous du Seigneur. » Une fois, Saint Pierre avait envoyé deux de ses disciples prêcher; après avoir cheminé pendant vingt jours, l’un d’eux mourut, et l’autre revint trouver Saint Pierre, et lui raconter l’accident qui était arrivé (on dit que ce fut saint Martial, ou selon quelques autres, saint Materné. On lit ailleurs que le premier fut saint Front, et que son compagnon, celui qui était mort, c’est-à-dire le second, fut le prêtre Georges). Alors Saint Pierre lui donna soli bâton avec ordre d’aller retrouver son compagnon et de poser ce bâton sur le cadavre. Quand il l’eut fait, ce mort de quarante jours se leva tout vivant .

En ce temps-la, il se trouvait à Jérusalem un magicien, nommé Simon, qui se disait être la première vérité. Il avançait que ceux qui croyaient en lui devenaient immortels. Il prétendait que rien ne lui était impossible.« Je serai adoré comme un Dieu ; on me rendra publiquement les honneurs divins; et tout ce que j’aurai voulu faire, je le pourrai. Un jour que ma mère Rachel m’ordonnait d’aller dans les champs pour faire la moisson, je vis une faux parterre à laquelle je commandai de faucher d’elle-même : et elle faucha dix fois plus que les autres moissonneurs. ». Il ajouta, d’après saint Jérôme: « Je suis la parole de Dieu; je suis beau, je suis le paraclet, je suis tout-puissant, je suis le tout de Dieu. »

Il faisait aussi mouvoir des serpents d’airain, rire des statues de bronze ou de pierre, et chanter des chiens. Simon donc, comme le dit saint Lin, voulait discuter avec Saint Pierre et montrer qu’il était Dieu. Saint Pierre vint le jour indiqué, au lieu de la conférence, et dit aux assistants :« La paix soit avec vous, mes frères, qui aimez la vérité. »
Simon lui dit : « Nous n’avons pas besoin de la paix, nous : car si la paix et la concorde existent ici, nous ne pourrons parvenir à trouver la vérité : ce sont les larrons qui ont la paix entre eux ; n’invoque donc pas la paix, mais la lutte : entre deux champions il y aura paix, quand l’un aura été supérieur à l’autre. »
Et Pierre répondit : « Qu’as-tu à craindre d’entendre parler de paix ? C’est du péché que naît la guerre, et là où n’existe pas le péché, règne la paix. On trouve la vérité dans les discussions et la justice dans les oeuvres. »
Et Simon reprit : « Ce que tu avances n’a pas de valeur, mais je te montrerai la puissance de ma divinité afin que tu m’adores aussitôt. Je suis la première vertu et je puis voler par les airs, créer de nouveaux arbres, changer les pierres en pain, rester dans le feu sans en être endommagé et tout ce que je veux, je le puis faire. »

Saint Pierre donc discutait contre lui et découvrait tous ses maléfices. Alors Simon, voyant qu’il ne pouvait résister au saint apôtre, jeta dans la mer tous ses livres de magie, de crainte d’être dénoncé comme magicien et alla à Rome afin de s’y faire passer pour Dieu. Aussitôt que Saint Pierre eut découvert cela, il le suivit et partit pour Rome.

La quatrième année de l’empire de Claude, Saint Pierre arriva à Rome, où il resta vingt-cinq ans. Et il ordonna évêques Lin et Clet, pour être ses coadjuteurs, l’un, comme le rapporte Jean Beleth, dans l’intérieur de la ville, l’autre dans la partie qui était hors des murs.

En se livrant avec grand zèle à la prédication, il convertissait beaucoup de monde à la foi, et guérissait la plupart des infirmes. Et comme dans ses discours il louait et recommandait toujours de préférence la chasteté, il convertit les quatre concubines d’Agrippa qui se refusèrent à retourner davantage au près de ce gouverneur. Alors celui-ci entra en fureur et il cherchait l’occasion de nuire à l’Apôtre.

Ensuite le Seigneur apparut à Saint Pierre et lui dit: « Simon et Néron forment des projets contre ta personne; mais ne crains rien, car je suis avec toi pour te délivrer, et je te donnerai la consolation d’avoir auprès de toi mon serviteur Paul qui demain entrera dans Rome. » Or, Saint Pierre, sachant, comme le dit saint Lin, que dans peu de temps il devait quitter sa tente, dans l’assemblée des frères, il prit la main de saint Clément, l’ordonna évêque et le força à siéger à sa place dans sa chaire. Après cela Paul arriva à Rome, ainsi que le Seigneur l’avait prédit, et commença à prêcher Jésus Christ avec Saint Pierre.

Or, Néron avait un tel attachement pour Simon qu’il le pensait certainement être le gardien de sa vie, son salut, et celui de toute la ville. Un jour donc, devant Néron (c’est ce qu’en dit saint Léon, pape), sa figure changeait subitement, et il paraissait tantôt plus vieux et tantôt plus jeune. Néron, qui voyait cela, le regardait comme étant vraiment le fils de Dieu.

C’est pourquoi Simon le magicien dit à Néron, toujours d’après saint Léon : « Afin que tu saches, illustre empereur, que je suis le fils de Dieu, fais-moi décapiter et trois jours après je ressusciterai. »

Néron ordonna donc au bourreau qu’il eût à décapiter Simon. Or, le bourreau, en croyant couper la tête à Simon, coupa celle d’un bélier: grâce à la magie, Simon échappa sain et entier, et ramassant les membres du bélier il les cacha ; puis il se cacha pendant trois jours : or, le sang du bélier resta coagulé dans la même place. Et le troisième jour Simon se montra à Néron et lui dit « Fais essuyer mon sang qui a été répandu ; car me voici ressuscité trois jours après que j’ai été décollé, comme je l’avais promis. » En le voyant Néron fut stupéfait et le regarda comme le vrai fils de Dieu.

Un jour encore qu’il était dans une chambre avec Néron, le démon qui avait pris sa forme parlait au peuple dehors : enfin les Romains l’avaient en si grande vénération qu’ils lui élevèrent une statue sur laquelle ils mirent cette inscription : Simoni Deo sancto, A Simon le Dieu saint.

Saint Pierre et Saint Paul, au témoignage de saint Léon, allèrent chez Néron et dévoilèrent tous les maléfices de Simon, et Saint Pierre ajouta que, de même, qu’il y a en Jésus Christ deux substances, savoir : celle de Dieu et celle de l’homme, de même en ce magicien, se trouvaient deux substances, celle de l’homme et celle du diable. Or, Simon dit, d’après le récit de Marcel et de saint Léon: « Je ne souffrirai pas plus longtemps cet ennemi ; je commanderai à mes anges de me venger de cet homme. »
Pierre lui répondit : « Tes anges, je ne les crains point, mais ce sont eux qui me craignent. »
Néron ajouta : « Tu ne crains pas Simon qui prouve sa divinité par ses oeuvres? »
Pierre lui répondit : « Si la divinité existe en lui, qu’il nous dise en ce moment ce que je pense ou ce que je fais : je vais d’avance te dire tout bas à l’oreille quelle est ma pensée pour qu’il n’ait pas l’audace de mentir. »
Néron reprit :« Approche-toi, , et dis-moi ce que tu penses. »
Or, Pierre s’approchas et dit à Néron tout bas : « Ordonne qu’on m’apporte un pain d’orge et qu’on me le donne en cachette. »
Or, quand on le lui eut apporté, Pierre le bénit et le mit dans sa manche, et dit ensuite : « Que Simon, qui s’est fait Dieu, dise ce que. j’ai pensé, ce que j’ai dit, ou ce qui s’est fait. »
Simon, répondit : « Que Pierre dise plutôt ce que j’ai pensé moi-même. »
Et Pierre dit :« Ce que pense Simon, je prouverai que je le sais, pourvu que je fasse ce à quoi il a pensé. »
Alors Simon en colère s’écria : « Qu’il vienne de grands chiens et qu’ils te dévorent. »

Tout à coup apparurent de très grands chiens qui se jetèrent sur Saint Pierre : mais celui-ci leur présenta le pain bénit, et à l’instant, il les mit en fuite. Alors Saint Pierre dit à Néron : « Tu le vois, je t’ai montré que je savais ce que Simon méditait contre moi, et ce ne fut point par des paroles, mais par des actes : Car celui qui avait promis qu’il viendrait des anges contre moi, a fait venir des chiens, afin de faire voir que les anges de Dieu, ne sont autres que des chiens. »
Simon dit alors : « Ecoutez, Pierre et Paul ; si je ne puis vous rien faire ici, nous irons où il faut que je vous juge; mais pour le moment, je veux bien vous épargner. »

Alors, selon que le rapportent Hégésippe et saint Lin, Simon, enflé d’orgueil, osa se vanter de pouvoir ressusciter des morts; et il arriva qu’un jeune homme mourut. On appela donc Pierre et Simon et de l’avis de Simon on convint unanimement que celui-là serait tué. qui ne pourrait ressusciter le mort.

Or, pendant que Simon faisait ses enchantements sur le cadavre, il sembla aux assistants que la tête du défunt s’agitait. Alors tous se mirent à crier en voulant lapider Saint Pierre. Le saint apôtre put à peine obtenir le silence qu’il réclama : « Si le mort est vivant, dit-il, qu’il se lève, qu’il se promène, qu’il parle : s’il en est autrement, sachez que l’action d’agiter là tête du cadavre est de la fantasmagorie. Qu’on éloigne Simon du lit afin que les ruses du diable soient pleinement mises à nu. » On a éloigné donc Simon du lit, et l’enfant resta immobile.

Alors Saint Pierre, se tenant éloigné, fit une prière, puis élevant la voix, il s’écria : « Jeune homme, au nom de Jésus de Nazareth qui a été crucifié, lève-toi et marche. ». Et à l’instant il se leva en vie et marcha.

Comme le peuple voulait lapider Simon Saint Pierre dit : « Il est bien assez puni de se reconnaître vaincu dans ses artifices or, notre maître nous a enseigné à rendre le bien pour le mal. »
Alors Simon dit : « Sachez, vous, Pierre et Paul, que vous n’obtiendrez rien de ce que vous désirez ; car je ne daignerai pas vous faire gagner la couronne du martyre. » Saint Pierre reprit : « Qu’il nous arrive ce que nous désirons : mais à toi il ne peut arriver rien de bon, car chacune de tes paroles est un mensonge. »
Saint Marcel dit qu’alors Simon alla à la maison de son disciple Marcel, et qu’il y lia à la porte un chien énorme en disant : « Je verrai à présent si Pierre, qui vient d’ordinaire chez toi, pourra entrer. »
Peu d’instants après Saint Pierre arriva, et en faisant le signe de la croix, il délia le chien. Or, ce chien se mit à caresser tout le monde, et ne poursuivait que Simon. Il le saisit, le renversa par terre, et il voulait l’étrangler, quand Saint Pierre accourut et cria au chien de ne point lui faire de mal. Or, cette bête, sans toucher son corps, lui arracha tellement ses habits qu’elle le laissa nu sur la terre. Alors le peuple et surtout les enfants coururent après le chien en poursuivant Simon jusqu’à ce qu’ils l’eussent chassé bien loin de la ville, comme ils eussent fait d’un loup. Simon ne pouvant supporter la honte de cet affront resta un an sans reparaître. Marcel, en voyant ces miracles, s’attacha désormais à Saint Pierre. Dans la suite, Simon revint et rentra de nouveau dans les bonnes grâces de Néron. Simon donc, d’après saint Léon, convoqua le peuple, et déclara qu’il avait été outrageusement traité par les Galiléens, et pour ce motif, il dit vouloir quitter cette ville qu’il avait coutume de protéger; qu’il fixerait un jour où il monterait au ciel, car il ne daignait plus rester davantage sur la terre. Au jour fixé, il monta donc sur une tour élevée, ou bien, d’après saint Lin, il monta au Capitole et, couvert de laurier, il se jeta en l’air et se mit à voler. Or, Saint Paul dit à Saint Pierre : « C’est à moi de prier et à vous de commander. »
Néron dit alors: « Cet homme est sincère, et vous n’êtes que des séducteurs. »
Or, Saint Pierre dit à Saint Paul : « Paul, levez la tête et voyez. »
Et quand Paul eut levé la tête et qu’il eut vu Simon dans les airs, il dit à Pierre : « Pierre, que tardez-vous? achevez ce que vous avez commencé déjà le Seigneur nous appelle. »
Alors Saint Pierre dit « Je vous adjure, Anges de Satan, qui le soutenez dans les airs, par notre Seigneur Jésus Christ, ne le portez plus davantage, mais laissez-le tomber. »
A l’instant il fut lâché, tomba, se brisa la cervelle, et expira.

Néron, à cette nouvelle, fut très fâché d’avoir perdu, quant à lui, un pareil homme et il dit aux apôtres : « Vous vous êtes rendus suspects envers moi ; aussi vous punirai-je d’une manière exemplaire. » Il les remit donc entre les mains d’un personnage très illustre, appelé Paulin, qui les fit enfermer dans la prison Mamertine sous la garde de Processus et de Martinien, soldats que Saint Pierre convertit à la foi. Ils ouvrirent la prison et laissèrent aller les apôtres en liberté. C’est pour cela que, après le martyre des apôtres, Paulin manda Processus et Martinien, et quand il eut découvert qu’ils étaient chrétiens, on leur trancha la tête par ordre de Néron. Or, les frères pressaient Pierre de s’en aller, et il ne le fit qu’après avoir été vaincu par leurs instances. Saint Léon et saint Lin assurent qu’arrivé à la porte où est aujourd’hui Sainte-Marie ad passus, Pierre vit Jésus Christ venant à sa rencontre, et il lui dit : « Seigneur, où allez-vous? »
Jésus Christ répondit : « Je viens à Rome pour y être crucifié encore une fois. »
Saint Pierre répartit : « Vous seriez crucifié encore une fois. »
« Oui » lui répondit le Seigneur
Alors Pierre lui dit :« Seigneur, je retournerai donc, pour être crucifié avec vous. »

Et après ces paroles, le Seigneur monta au ciel à la vue de Pierre qui pleurait. Quand il comprit que c’était de son martyre à lui-même que le Sauveur avait voulu parler, il revint, et raconta aux frères ce qui venait d’arriver. Alors il fut pris par les officiers de Néron et mené au préfet Agrippa. Saint Lin dit que sa figure devint comme un soleil. Agrippa lui dit : « Es-tu donc celui qui se glorifie dans les assemblées ou ne se trouvent que la populace et de pauvres femmes que tu éloignes du lit de leurs maris? »


L’apôtre le reprit en disant qu’il ne se glorifiait que dans la croix du Seigneur. Alors Pierre, en qualité d’étranger, fut condamné à être crucifié, mais Paul, en sa qualité de citoyen romain, fut condamné à avoir la tête tranchée.

A l’occasion de cette sentence, Denys en son épître à Timothée parle ainsi de la mort de Saint Paul : « O mon frère Timothée, si,tu avais assisté aux derniers moments de ces martyrs, tu aurais défailli de tristesse et de douleur. Qui est-ce qui n’aurait pas pleuré quand fut rendue la sentence qui condamnait Pierre à être crucifié et Paul à être décapité ? Tu aurais alors vu la foule des gentils et des Juifs les frapper et leur cracher au visage. »

Or, arrivé l’instant où ils devaient consommer leur affreux martyre, on les sépara l’un de l’autre et on lia ces colonnes du monde, non sans que les frères fissent entendre des gémissements et des sanglots. Alors Paul dit à Pierre: « La paix soit avec vous, fondement des églises, pasteur des brebis et des agneaux de Jésus Christ »
Pierre dit à Paul : « Allez en paix, prédicateur des bonnes moeurs, médiateur et guide du salut des justes. »

Or, quand on les eut éloignés l’un de l’autre, je suivis mon maître; car on ne les tua point dans le même quartier (saint Denys). Quand Saint Pierre fut arrivé à la croix, saint Léon et Marcel rapportent qu’il dit : « Puisque mon maître est descendu du ciel en terre, il fut élevé debout sur la croix; pour moi qu’il daigne appeler de la terre au ciel, ma croix doit montrer ma tête sur la terre et diriger mes pieds vers le ciel. Donc, parce que je ne suis pas digne d’être sur la croix de la même manière que mon Seigneur, retournez ma croix et crucifiez-moi la tête en bas. »

Alors on retourna la croix et on l’attacha les pieds en haut et les mains en bas. Mais, en ce moment, le peuple rempli de fureur voulait tuer Néron et le gouverneur, ensuite délivrer l’apôtre qui les priait de ne point empêcher qu’on le martyrisât. Mais le Seigneur, ainsi que le disent Hégésippe et Lin, leur ouvrit les yeux, et comme ils pleuraient, ils virent des anges avec des couronnes composées de fleurs de roses et de lys, et Pierre au milieu d’eux sur la croix recevant un livre que lui présentait Jésus Christ, et dans lequel il lisait les paroles qu’il proférait.

Alors saint, Pierre, au témoignage du même Hégésippe, se mit à dire sur la croix : « C’est vous, Seigneur, que j’ai souhaité d’imiter; mais je n’ai pas eu la présomption d’être crucifié droit : c’est vous qui êtes toujours droit, élevé et haut. Nous sommes les enfants du premier homme qui a enfoncé sa tête dans la terre, et dont la chute indique la manière avec laquelle l’homme vient au monde. Nous naissons en effet de telle sorte que nous paraissons être répandus sur la terre. Notre condition a été renversée, et ce que le monde croit être à droite est certainement à gauche. Vous, Seigneur, vous me tenez lieu de tout. Tout ce que vous êtes, vous l’êtes,pour moi, et il n’y a rien autre que vous seul. Je vous rends grâce de toute mon âme par laquelle je vis, par laquelle j’ai l’intelligence et par laquelle je parle. »

On connaît par là deux autres motifs pour lesquels il ne voulut pas être crucifié droit. Et Saint Pierre voyant que les fidèles avaient été témoins de sa gloire, rendit grâces à Dieu, lui recommanda les chrétiens et rendit l’esprit. Alors Marcel et Apulée qui étaient frères, disciples de Saint Pierre, le descendirent de la croix et l’ensevelirent en l’embaumant avec divers aromates.

Isidore dans son livre de la Naissance et de la Mort des Saints s’exprime ainsi :

« Pierre après avoir fondé l’église d’Antioche, vint à Rome, sous l’empereur Claude, pour confondre Simon. Il prêcha l’Evangile pendant vingt-cinq ans en cette ville dont il occupa le siège pontifical.

Et la trente-sixième année après la Passion du Seigneur, il fut crucifié par Néron, la tête en bas, ainsi qu’il l’avait voulu. Or, ce jour-là même, Saint Pierre et Saint Paul apparurent à Denys, selon qu’il le rapporte en ces termes dans la lettre citée plus haut : « Ecoute le miracle, Timothée, mon frère, vois le prodige, arrivé au jour de leur supplice: car j’étais présent au moment de leur séparation. Après leur mort, je les ai vus, se tenant par la main l’un et l’autre, entrer par les portes de la ville, revêtus d’habits de lumière, ornés clé couronnes de clarté et de splendeur. »

Néron ne demeura pas impuni pour ce crime et bien d’autres encore qu’il commit; car il se tua de sa propre main.

Nous allons rapporter ici en peu de mots quelques-uns de ses forfaits.

On lit dans une histoire apocryphe, toutefois, que Sénèque, son précepteur, espérait recevoir de lui une récompense digne de son labeur. Néron lui donna à choisir la branche de l’arbre sur laquelle il préférait être pendu, en lui disant que c’était là la récompense qu’il en devait recevoir. Or, comme Sénèque lui demandait à quel titre il avait mérité ce genre de supplice, Néron fit vibrer plusieurs fois la pointe d’une épée au-dessus de Sénèque qui baissait la tête pour échapper aux coups dont il était menacé ; car il ne voyait point sans effroi le moment où il allait recevoir la mort.
Et Néron lui dit : « Maître, pourquoi baisses-tu la tête sous l’épée dont je te menace ? »
Sénèque lui répondit: « Je suis homme, et voilà pourquoi je redoute la mort, d’autant que je meurs malgré moi. »
Néron lui dit: « Je te crains encore comme je le faisais alors que j’étais enfant : c’est pourquoi tant que tu vivras je ne pourrai vivre tranquille. »
Et Sénèque lui dit « S’il est nécessaire que je meure, accordez-moi au moins de choisir le genre de mort que j’aurais voulu. »
Néron répondit : « Choisis vite et ne tarde pas à mourir. »

Alors Sénèque fit préparer un bain où il se fit ouvrir les veines de chaque bras et il finit ainsi sa vie épuisé de sang. Son nom de Sénèque fut pour lui comme un présage, se necans, qui se tue soi-même : car ce fut lui qui en quelque sorte se donna la mort, bien qu’il y eût été forcé.

On lit que ce même Sénèque eut deux frères : le premier fut Julien Gallio, orateur illustre qui se tua de sa propre main; le second fut Méla, père du poète Lucain ; lequel Lucain mourut après avoir eu les veines ouvertes par l’ordre de Néron, d’après ce qu’on lit.

On voit, dans la même histoire apocryphe, que Néron, poussé par un transport infâme; fit tuer sa mère et la fit partager en deux pour voir comment il était entretenu dans son sein. Les médecins lui adressaient des remontrances par rapport au meurtre de sa mère et lui disaient : « Les lois s’opposent et l’équité défend qu’un fils tue sa mère : elle l’a enfanté avec douleur et elle t’a élevé avec tant de labeur et de sollicitude. »
Néron leur dit : « Faites-moi concevoir un enfant et accoucher ensuite, afin que je puisse savoir quelle a été la douleur de ma mère. »
Il avait encore conçu cette volonté d’accoucher parce que, en passant dans la ville, il avait entendu les cris d’une femme en couches.
Les médecins lui répondirent « Cela n’est pas possible ; c’est contre les lois de la nature; il n’y a pas moyen de faire ce qui n’est pas d’accord avec la raison. »
Néron leur dit donc: « Si vous ne me faites pas concevoir et enfanter, je vous ferai mourir tous d’une manière cruelle. »

Alors les médecins, dans des potions qu’ils lui administrèrent, lui firent avaler une grenouille sans qu’il s’en aperçût, et, par artifice, ils la firent croître dans son ventre : bientôt son ventre, qui ne pouvait souffrir cet état contre nature, se gonfla, de sorte que Néron se croyait gros d’un enfant ; et les médecins lui faisaient observer un régime qu’ils savaient être propre à nourrir la grenouille, sous prétexte qu’il devait en user ainsi en raison de la conception. Enfin tourmenté par une douleur intolérable, il dit aux médecins : « Hâtez le moment des couches, car c’est à peine si la langueur où me met l’accouchement futur me donne le pouvoir de respirer. »
Alors ils lui firent prendre une potion pour le faire vomir et il rendit une grenouille affreuse à voir, imprégnée d’humeurs et couverte de sang. Et Néron, regardant son fruit, en eut horreur lui-même et admira une pareille monstruosité : mais les médecins lui dirent qu’il n’avait produit un foetus aussi difforme que parce qu’il n’avait pas voulu attendre le temps nécessaire.

Et il dit : « Ai-je été comme cela en sortant des flancs de ma mère ? »
Ils répondirent « Oui, lui répondirent-ils. »

Il recommanda donc de nourrir son foetus et qu’on l’enfermât dans une pièce voûtée pour l’y soigner. Mais ces choses-là ne se lisent pas dans les chroniques; car elles sont apocryphes.

Ensuite s’étant émerveillé de la grandeur de l’incendie de Troie, il fit brûler Rome pendant sept jours et sept nuits, spectacle qu’il regardait d’une tour fort élevée, et tout joyeux de la beauté de cette flamme, il chantait avec emphase les vers de l’Iliade. On voit encore dans les chroniques qu’il pêchait avec des filets d’or, qu’il s’adonnait à l’étude de la musique, de manière à l’emporter sur les harpistes et les comédiens : il se maria avec un homme, et cet homme le prit pour femme, ainsi que le dit Orose. Mais les Romains, ne pouvant plus supporter davantage sa folie, se soulevèrent contre lui et le chassèrent hors de la ville. Lorsqu’il vit qu’il nie pouvait échapper, il affila un bâton avec les dents et il se perça par le milieu du corps. C’est ainsi qu’il termina sa vie.

On lit cependant ailleurs qu’il fut dévoré par les loups. A leur retour, les Romains trouvèrent la grenouille cachée sous la voûte. Ils la poussèrent hors de la ville et la brûlèrent : et cette partie de la ville où avait été cachée la grenouille reçut, au dire de quelques personnes, le nom de Latran (Lateus rana) (raine latente).

Du temps du pape saint Corneille, des chrétiens grecs volèrent les corps des apôtres et les emportèrent; mais les démons, qui habitaient dans les idoles, forcés par une vertu divine, criaient : « Romains, au secours, on emporte vos dieux. » Les fidèles comprirent qu’il s’agissait des apôtres, et les gentils de leurs, dieux. Alors fidèles et infidèles, tout le monde se réunit pour poursuivre les Grecs. Ceux-ci effrayés jetèrent les corps des apôtres dans un puits auprès des catacombes ; mais dans la suite les fidèles les en ôtèrent.

Saint Grégoire raconte dans son Registre (liv. IV, ép. XXX,) qu’alors il se fit un si affreux tonnerre et des éclairs en telle quantité que tout le monde prit la fuite de frayeur, et qu’on les laissa dans les catacombes. Mais comme on ne savait pas distinguer les ossements de Saint Pierre de ceux de Saint Paul, les fidèles, après avoir eu recours aux prières et aux jeûnes, reçurent cette réponse du ciel : « Les os les plus grands sont ceux du prédicateur, les plus petits ceux du pêcheur. » Ils séparèrent ainsi les os les uns des autres et les placèrent dans les églises qui avaient été élevées à chacun d’eux.

D’autres cependant disent que saint Silvestre, pape, voulant consacrer les églises, pesa avec un grand respect les os grands et petits dans une balance et qu’il en mit la moitié dans une église et la moitié dans l’autre. Saint Grégoire rapporte dans son Dialogue, qu’il y avait, dans l’église où le corps de Saint Pierre repose, un saint homme d’une grande humilité, nommé Agontus : et il se trouvait, dans cette même église, une jeune fille paralytique qui y habitait; mais réduite à ramper sur les mains, elle était obligée de se traîner, les reins et les pieds par terre: et depuis longtemps elle demandait la santé à Saint Pierre. Il lui apparut dans une vision et lui dit : « Va trouver Agontius, le custode, et il te guérira lui-même. » Cette jeune fille se mit donc à se traîner çà et là de tous côtés dans l’église, et à chercher qui était cet Agontius : mais celui-ci se trouva tout à coup au-devant d’elle :
Elle lui dit : « Notre pasteur et nourricier, le bienheureux Pierre, apôtre, m’a envoyé vers vous, pour que vous me délivriez de mon infirmité. »
Il lui répondit : « Si tu as été envoyée par lui, lève-toi. » Et lui prenant la main, il la fit lever et elle fut guérie sans qu’il lui restât la moindre trace de sa maladie.

Au même livre, saint Grégoire dit encore que Galla, jeune personne des plus nobles de Rome, fille du consul et patrice Symmaque, se trouva veuve après un an de mariage. Son âge, et sa fortune demandaient qu’elle convolât à de secondes noces ; mais elle préféra s’unir à Dieu par une alliance spirituelle, dont les commencements se passent dans la tristesse mais par laquelle on parvient au ciel, plutôt que de se soumettre à des noces charnelles qui commencent toujours par la joie pour finir dans la tristesse. Or, comme elle était d’une constitution toute de feu, les médecins prétendirent que si elle n’avait plus de commerce avec un homme, cette ardeur intense lui ferait pousser de la barbe contre l’ordinaire de la nature. Ce qui arriva en effet peu de temps après. Mais Galla ne tint aucun compte de cette difformité extérieure, puisqu’elle aimait la beauté intérieure : et elle n’appréhenda point , malgré cette laideur, de n’être point aimée de l’époux céleste. Elle quitta donc ses habits du monde, et se consacra dans le monastère élevé auprès de l’église de Saint Pierre, où elle servit Dieu avec simplicité et passa de longues années dans l’exercice, de la prière et de l’aumône. Elle fut enfin attaquée d’un cancer au sein. Comme deux flambeaux étaient toujours allumés devant son lit, parce que, amie de la lumière, elle avait en horreur les ténèbres spirituelles comme les corporelles, elle vit le bienheureux Pierre, apôtre, au milieu de ces deux flambeaux, debout devant son lit. Son amour lui fit concevoir de l’audace et elle dit : « Qu’y a-t-il, mon maître ? Est-ce que mes péchés me sont remis? »
Saint Pierre inclina la tête avec la plus grande bonté, et lui répondit : « Oui, ils sont remis, viens. »
Et elle dit : « Que sueur Benoîte vienne avec moi, je vous en prie. » Et il dit : « Non, mais qu’une telle vienne avec toi. »
Ce qu’elle fit connaître à l’abbesse qui mourut avec elle trois jours après.

Saint Grégoire raconte encore dans le même ouvrage, qu’un prêtre d’une grande sainteté réduit à l’extrémité, se mit à crier avec grande liesse : « Bien, mes seigneurs viennent ; bien, mes seigneurs viennent; comment avez-vous daigné venir vers un si chétif serviteur? Je viens; je viens, je vous remercie, je vous remercie. » Et comme ceux qui étaient là lui demandaient à qui il parlait de la sorte, il répondit avec admiration : « Est-ce que vous ne voyez pas que les saints apôtres Pierre et Paul sont venus ici ensemble ? » Et comme il répétait une seconde fois les paroles rapportées plus haut, sa sainte âme fut délivrée de son corps.

Il y a doute, chez quelques auteurs, si ce fut le même jour que Saint Pierre et Saint Paul souffrirent. Quelques-uns ont avancé que ce fut le même jour, mais un an après. Or, saint Jérôme et presque tous les saints qui traitent cette question s’accordent à dire que ce fut le même jour et la même année, comme cela reste évident d’après la lettre de saint Denys, et le récit de saint Léon (d’autres disent saint Maxime), dans un sermon où il s’exprime comme il suit : « Ce n’est pas sans raison qu’en un même jour et dans le même lieu, ils reçurent leur sentence du même tyran. Ils souffrirent le même jour afin d’aller ensemble à Jésus Christ ; ce fut au même endroit, afin que Rome les possédât tous les deux; sous le même persécuteur, afin qu’une égale cruauté les atteignît ensemble. Ce jour fut choisi pour célébrer leur mérite; le lieu pour qu’ils y fussent entourés de gloire ; le même persécuteur fait ressortir leur courage. » Bien qu’ils aient souffert le même jour et à la même heure, ce ne fut pourtant pas au même endroit, mais dans des quartiers différents : et ce que dit saint Léon qu’ils souffrirent au même endroit, doit s’entendre qu’ils souffrirent tous les deux à Rome. C’est à ce sujet qu’un poète composa ces vers:

Ense coronatur Paulus, cruce Petrus, eodem
Sub duce, luce, loco, dux Nero, Roma locus .

Traduction de Jean Batallier:

Pol fut couronné d’une épée;
Pierre eut la croix renversée.
Néron fut duc, si comme l’on nomme
Le lieu fut la cité de Romme.

Un autre dit encore :
Ense sacrat Paulum, par lux, dux, urbs, cruce Petrum.

Quoiqu’ils aient souffert le même jour, cependant saint Grégoire ordonna qu’aujourd’hui on célébrerait, quant à l’office, la solennité de Saint Pierre, et que le lendemain, on ferait la fête de la Commémoration de Saint Paul. En voici les motifs : en ce jour fut dédiée l’église de Saint Pierre; il est plus grand en dignité; il est le premier qui fut converti; enfin il eut la primauté à Rome.

Paul est sacré par le glaive, Pierre par la croix : à tous deux, la même gloire, le même bourreau, et Rome pour théâtre.

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